Maman solo

Je suis une maman solo

Je suis une maman solo depuis 18 mois, petit bilan.

 

Je vous en parle régulièrement sur mes réseaux que ce soit Instaram ou Facebook mais j’attendais, j’attendais avant de rédiger un article.

Je n’ai jamais choisi d’être une maman solo, une mère célibataire. Pour certaines c’est un choix mais pour une grande partie, c’est la vie qui en a décidé ainsi.

Quand j’étais plus jeune je m’imaginais maman solo, je ne sais pas pourquoi, sans doute que j’étais un minimum objective et réaliste concernant mes petits copains et que je me disais que si on avait un enfant, j’allais finir par m’en occuper seule. Puis en rencontrant Mister B je n’y ai plus jamais pensé. Je disais cette phrase que je déteste entendre à présent” oh moi je ne pourrais pas, franchement, je n’imagine pas la vie sans untel” et bien moi non plus g******* et pourtant, je n’ai pas d’autre choix que de survivre .

Mais comment tu fais au quotidien !?

J’ai pas le choix en fait.

Après la séparation, j’ai demandé à Mister B d’être présent, de venir à mon secours dès que j’en avais besoin parce que j’avais terriblement peur d’être seule tous les jours avec ma fille. Quand elle était bébé, je regardais l’heure et dès qu’approchait 18h20, je trépignais en attendant le retour de papa pour passer un peu le relais. Pendant 1 an il a habité à 5min en voiture de la maison, il venait très souvent, il était présent pour sa fille même si c’était des passages furtifs. Je me souviens l’avoir appelé quelques fois. Je me souviens surtout avoir pris plaisir à pouvoir la déposer chez lui pour souffler et reprendre ma vie en main, une nuit, une journée, un week-end, une semaine. On en est là, on a pas dépassé 6/7 jours sans maman, elle a 4 ans et reste très fusionnelle avec moi.

Puis les mois ont passé et j’ai pris mes habitudes, la confiance en moi surement aussi. Je n’attendais plus le soir qu’elle soit couché pour retrouver mon homme mais pour retrouver ma solitude et ma tranquillité. Je suis seule la journée depuis ses 10 mois qu’elle a commencé à aller un peu à la crèche mais le soir, j’ai rarement été seule hormis les semaines où Mister B partait en déplacement. Donc, j’ai commencé à apprécier cette solitude du soir. Pouvoir choisir tous les jours le film qu’on a envie de regarder, ça devient vite un luxe fort agréable, avouons le.

Je n’ai jamais eu peur de partir à l’aventure seule avec ma fille.

Les sorties j’en ai toujours fait sans Mister B, partir en vacances chez mes parents par exemple en traversant la France, pas de soucis. Pour cette partie là j’avais été à bonne école pendant 3 ans et je m’occupais aussi d’elle la journée sans l’aide de personne. Ce qui m’a vraiment fait peur ce sont ces moments de craquage où quelqu’un de calme peut prendre le relais.

Finalement, les craquages il y en a peu eu jusque-là.

En novembre je suis partie seule en vacances 1 semaine, à Budapest. J’ai apprécié cette coupure dans ma vie de maman, ce défis de partir seule. Mais c’était long quand même donc pour mes 30 ans, j’ai décidé de partir avec elle, 15 jours à l’autre bout du monde. C’est mon prochain gros défis et ça ne me fait même pas peur !

Pour travail, le niveau de vie ?

L’an dernier j’ai eu rapidement des aides de la CAF, Mister B m’a beaucoup aidé financièrement aussi et j’avais 5 contrats de travail me permettant de sortir un petit salaire. Financièrement, ça allait mais je n’étais pas autonome et j’en ai eu marre de devoir compter encore sur mon ex pour vivre. J’ai fait le choix, d’un commun accord, de rentrer dans le Sud au près de ma famille. En arrivant cet été, j’ai eu une petite opportunité de travail, un contrat de 16h au sein de mon ancien club de GR. Je ne pourrais pas faire ce remplacement sans l’aide de mes parents. Ce sont des horaires en extra-scolaire, 17-20h en semaine, le mercredi après-midi et le samedi matin. Mes parents m’aident donc beaucoup en s’occupant de ma fille et si besoin, je l’emmène au travail avec moi, c’est plutôt souple. Je peux l’emmener à l’école et la récupérer à midi tous les jours, c’est bien pour cette année mais je n’aime pas trop ce rythme et puis, je ne suis toujours pas autonome financièrement car même si j’ai d’autres petits contrats, c’est précaire. J’espère enfin trouver un travail stable pour la rentrée 2020, je cherche activement ! Financièrement, en ce moment ça pique car j’ai perdu mes aides de la CAF au fur et à mesure, la pension a radicalement baissé et même si j’ai très peu de charges, je commence à avoir du mal à suivre le train de vie que j’ai envie d’avoir.

Et pour la vie sentimentale ?

J’ai eu la “chance” de rencontrer quelqu’un qui n’a pas eu peur d’être avec une maman, juste après ma séparation. Mister T c’était casi mon 1er rencard après avoir sauté le pas pour installer Tinder. J’ai été agréablement surprise, je me suis dit tient, c’est plutôt simple en fait. Bon rien n’a été simple concernant l’entente et l’organisation entre ma vie de maman et ma vie de femme, de compagne. Mais en tout cas, il n’a pas eu peur de rentrer dans ma vie de maman. Autant vous dire qu’après cette nouvelle claque sentimentale, j’ai déchanté concernant la facilité à rencontrer quelqu’un en étant maman. Depuis que je suis dans le sud j’ai enchainé les rencards et les désillusions, ce n’est pas une évidence pour tout le monde d’accepter d’être avec une maman. J’ai eu droit au ” je veux connaitre la femme, pas la mère” oui, t’es mignon mais c’est compliqué quand même. J’ai aussi eu le “oui mais tu es maman, ce serait quand même plus simple avec quelqu’un sans enfant …” ou encore le “et bien dit donc, ça doit être compliqué pour toi en tant que maman, je n’aimerais pas être à ta place”, celle-là elle vient d’un papa en plus ! Mes parents sont encore d’un grand soutient, ils me permettent de sortir régulièrement, un soir, une nuit, quelques heures en journée. J’ai ma fille à 99.9% du temps puisque son père ne vient qu’un week-end toutes les 3 semaines et quelques jours aux vacances scolaires mais en vivant chez mes parents, je peux par exemple, coucher ma fille, leur laisser le baby phone et sortir, ça aide grandement ! Mal grès ça, je suis tombée sur des hommes qui ont eu du mal avec mon rôle de maman et ça je ne m’y attendais plus. Devoir me séparer “à cause” de l’existence de ma fille, ça fait mal, très mal et d’un coup, on trouve ça très injuste. C’est officiellement plus simple pour un homme de refaire sa vie, surtout quand le mode de garde n’est pas à 50/50, sinon c’est le même combat, j’ose espérer !

Une fois en couple, j’essaie de passer le maximum de temps à deux et non à 3 (ou plus) mais ça reste un éternel dilemme, un tiraillement entre ma vie de maman et de femme. On a une relation fusionnelle avec ma fille, il parait que quand elle est là, plus personne d’autre n’existe et c’est difficile de trouver sa place. Il y a aussi le gros souci de la nuit puisque rien à faire, ma fille vient très régulièrement me rejoindre pour finir la nuit en cododo. C’est quelque peu délicat si c’est quelqu’un d’autre que son père de l’autre côté du lit et je veux bien l’entendre mais bon … C’est compliqué, c’est sûre. Je suis aussi pas si facile à vivre dans mes choix éducatifs. Je prône une ouverture d’esprit mais en réalité, j’ai quand même beaucoup de principes ! Pour le moment j’avoue un peu fuir les papas parce que j’ai peur d’avoir trop de mal à coordonner nos choix éducatifs mais en même temps, un papa va mieux comprendre ma problématique de maman solo …

J’ai cette peur que si je m’habitue à être seule, je supporte de moins en moins à faire des compromis sur mes habitudes, mon fonctionnement, mes choix … Pour le moment c’est assez chaotique niveau sentimental mais j’espère un jour pouvoir vous parler de la famille recomposée !

Ce qui fait mal

S’il y a bien une chose qui est commune à chaque maman solo avec qui j’ai discuté c’est cette culpabilité concernant la séparation. On ne se remet jamais réellement de l’échec de notre couple par rapport à notre vie de famille. Je ne supporterais jamais l’idée de ne pas pouvoir offrir à ma fille la possibilité de grandir avec son papa et sa maman ensemble. J’ai beau travailler dessus, je ne m’en remettrais jamais. Ma mère m’a dit ” tu peux avoir échoué dans ton couple mais réussir ta séparation”, je m’accroche un peu à ça mais le poids de la culpabilité reste présent. J’y pense notamment si jamais j’arrive à refaire ma vie, à avoir un autre enfant et que cet enfant grandisse avec ses deux parents alors que ma fille non. C’est complètement mon cas puisque je suis le trait d’union d’une famille recomposée avec deux enfants d’un côté et un de l’autre. J’ai peu ressenti la jalousie de mes frères et sœurs mais mes parents ont toujours eu cette angoisse donc c’est probablement grâce à ça que ça fonctionne mais aussi probablement à cause de leur angoisse que la mienne est bien présente.

Ce qui fait mal aussi ce sont les injonctions que l’on entend alors que merci bien, la pression on se la met déjà suffisamment tout seul “fais attention, protège ta fille et ne présente pas trop ou trop vite des compagnons“.

Ce qui fait mal c’est justement cette pression que l’on se met, je me suis planté une fois, pas deux (ou 3 ou 4 ou …). Se séparer avec un enfant (ou plus) au milieu c’est déjà compliqué mais alors le regard de la société face aux parents séparés qui ont des enfants issus de plusieurs unions différentes, il est très jugeant.

La pression, je me la mets beaucoup et pas seulement dans ma vie sentimentale. Quand on est sur un mode de garde classique ou complet, la pression de l’éducation vient plus peser sur nos épaules que dans la cadre d’un couple parental amoureux et en parlant d’épaule justement, on perd ce soutient pour ma part si précieux, cette épaule sur laquelle on vient s’appuyer ou se reposer.

Et puis et puis, il y le deuil de la famille idéale, je voulais l’amoureux, le chien, la maison et les deux enfants (ou 3) qui courent dans le jardin. Cette quête vers un bonheur parfait (purement subjectif et illusoire) , le bonheur de se sentir complet que j’ai presque touché du doigt et du coup la frustration est intense. On me répète que je suis jeune, je me le répète aussi chaque jour mais le fait est que j’ai du mal à gérer cette frustration et cette attente. Il va falloir tout recommencer encore une fois, patienter un “délais respectacle” pour chaque engagement et ça, j’ai du mal. Autant la phase de séduction et de découverte autrement appelé ” la phase bisounours” du jeune couple est fortement agréable mais en fait j’ai cette lassitude et cette sensation de déjà vue qui force mon inconscient à me dire tout haut” oui bon c’est bon c’était bien mignon mais on peut avancer ? parceque ça je connais déjà”. Du coup, je suis impatiente, du coup j’en demande trop et je vous le donne en 1000, je fais peur à ces pauvres hommes alergiques à l’engagement.

 

Bilan

Je suis forte et fragile à la fois.

Je l’ai toujours été mais c’est bien plus vrai et intense depuis 18 mois. J’admire cette force dont je fais preuve et on me le répète régulièrement, ce qui renforce ce sentiment de fierté. Mais j’ai une grande fragilité sur laquelle je travaille mais qui est en dent de scie et j’ai l’impression que dès que je la laisse s’exprimer ça me porte plus préjudice qu’autre chose. Il y a des blessures à guérir, d’autre à cicatriser et j’avance, des fois je recule mais pour mieux avancer part la suite, j’en suis sure.

Le meilleur est à venir“, c’est ce qui est écrit au dessus de mon lit et “Ce qui ne tue pas nous rend plus fort” ça, je l’ai sur la cheville 🙂

 

 

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