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L’éducation et nous : ma fille, sois toi, sois libre !

Me revoilà avec la deuxième partie de mon article sur l’éducation et nous.

Dans la première partie je vous ai surtout parlé de moi, de l’éducation que j’ai reçu et qui fait celle que je suis à présent. J’ai également parlé de ce que nous aimerions transmettre. Aujourd’hui j’entre un peu plus dans le détail de notre présent et de notre avenir.

Et oui, c’est bien moi la danseuse aux pieds nus et aux longs cheveux 😀

Depuis sa naissance jusqu’à aujourd’hui

Pour mettre des mots sur des concepts, des styles de vie, des modes de fonctionnement, je dirais que nous pratiquons la slow education, nous sommes des parents maternant , nous appliquons les principes de la motricité libre, la pensée Montessori (bien plus que la pédagogie) est présente dans notre quotidien, nous sommes des parents bienveillants imparfaits. Nous sommes surtout ouverts d’esprit, curieux de nature , adepte de la remise en question et nous nous adaptons.

– Un bébé « peau de colle » comme j’aime le dire : on la porte, on cododote, on l’emmène partout avec nous.

– Un bébé RGO interne : on oubli les principes et on suit notre instinct, elle souffre moins verticalisé ? Soit.

-Un bébé pressé qui a la bougeotte :  on aménage l’espace, on respire un bon coup et on se détend.

-Un bébé qui veut manger seul : on s’adapte, ni une diversification classique, ni de la DME , du moit moit qui convient à tout le monde.

-Une petite fille qui ne compte pas arrêter l’allaitement : 9 mois, 12 mois , 18 mois , bon ba elle arrêtera quand elle arrêtera hein ! Puis après 2 ans , un sevrage induit tout en douceur parce que dans l’histoire il y a aussi maman et maman elle n’était plus en bonne santé.

-Une petite fille qui aime être au milieu d’autres enfants : on déculpabilise et on rallonge le contrat à la crèche.

-Une petite fille qui verbalise peu mais s’exprime bien : on la suit dans son envie de signer bien plus qu’on ne l’avait prévu. Puis quand la parole arrive et OMG , ça carbure.

-Une petite fille qui a peur, qui est sensible : on entend, on rassure, on explique et puis on s’en fou du politiquement correct.

-Une petite fille en tutu qui joue avec sa caisse à outil : grand bien te fasse ma fille !

Voilà quelques situations et quelques réponses que nous avons eu depuis sa naissance. Le maître mot : on s’ADAPTE . A la maison on est à l’écoute des besoins de notre enfant mais on oubli pas les nôtres pour autant. On coupe la poire en deux, on trouve des compromis pour que tout le monde vive en harmonie.

On nous dit que notre fille sait bien ce qu’elle veut. Oep et ça c’est depuis sa naissance d’ailleurs ! Un chouia têtue, elle sait très bien exprimer quand ça va et quand ça ne va pas ! Par contre en société, elle est toute sage, toute calme. Bon une fois à l’aise, le naturel revient au galop et on se souvient d’elle. On me dit aussi beaucoup que notre fille a une chance incroyable, qu’on est de super parents. Qu’on lui permet de faire énormément de choses, dans un environnement riche (mais pas surchargée), qu’elle est équilibrée, heureuse.  Alors même si au quotidien c’est loin d’être évidement, à priori pour le moment on s’en sort plutôt pas mal 🙂

L’école

En début d’article j’ai mis des mots , j’ai parlé Slow education, maternage, Montessori, motricité libre et bienveillance. En ce moment je creuse le sujet des pédagogies alternatives. Je suis en formation sur la pédagogie Montessori, vie sensorielle . Je m’intéresse à la « pédagogie » Reggio , j’essaie de creuser la Slow education , j’essaie de me souvenir de mes années en école d’inspiration Freinet. Mais quelque chose me dérange, j’ai envie de creuser mais quand je me mets dans le truc ça me gonfle. Je n’avance pas dans ma formation, dans mes lectures. Je voulais avoir des bonnes bases pour pouvoir en parler et ajouter mon grain de sel mais je constate qu’un truc me freine et aujourd’hui je pense avoir trouvé. Tout à l’heure, en faisant une pause après avoir lu péniblement 15p sur un pdf parlant Reggio , j’ai lu un article qu’une amie a partagé ce matin et là BINGO.  L’article titre  » Du homeschooling au unschooling : tout un chemin  » mais ne vous arrêtez pas au titre. Rédigé par Catherine Dumonteil Kremer il me parle car ça explique que les parents pratiquant le Unschooling (apprentissage auto géré)avec leurs enfants, se sont affranchi de toutes pédagogies . On est d’abord tentés de vouloir se poser en tant qu’enseignant, se former aux différentes pédagogies, approches etc. Mais la clef est ailleurs. Avec le unschooling l’idée c’est que l’enfant apprends par lui même, l’adulte ne fait que l’accompagner. On suit notre instinct, on écoute son enfant, on s’adapte, on se nourrit de son environnement . L’article explique qu’en voulant absolument mettre en place des choses, s’informer, se former, on cherche surtout à réparer nos blessures scolaires et/ou à prendre confiance. Et c’est bien là qu’à eu lieu mon déclic : me faire confiance ! De suite j’ai repensé à ce que m’a dit ma mère quand je lui parlais d’un projet d’ateliers de danse et d’expression corporelle parent/enfant , je voulais de la documentation, des livres etc. Ce à quoi elle m’a répondu « mais Estelle, tu es totalement capable d’animer des ateliers d’expression corporelle, arrête de vouloir chercher plus loin et fais toi confiance ». Bon verdict, j’ai quand même encore du mal à me lancer mais ça résonne en moi 😀 . De nature je déteste appliquer quelque chose à la lettre, je fais du moi en m’inspirant des autres. Et bien, dans la même logique, je vais arrêter de trop vouloir rentrer dans des cases et faire comme je l’entends, comme j’en ai envie avec ma fille et surtout, comme elle en a envie elle  (sans oublier papa évidemment).

Il est hors de question de ne pas scolariser notre fille . Nous sommes en Mars 2018, elle a « 28 mois », l’école j’ai pas envie d’en entendre parler, je ne suis pas prête psychologiquement mais ce n’est pas parce que je ne suis pas prête que je vais décider à la place de ma fille qu’elle, elle n’est pas faite pour l’école. Car l’école pour nous ce n’est pas que les apprentissages scolaires, l’école c’est aussi et surtout l’école de la vie. En maternelle, le gros du travail c’est d’apprendre à vivre ensemble : jouer, patienter, s’entraider, travailler, se confronter etc … Notre petite fille étant super a l’aise et heureuse à la crèche entourée d’autres enfants, je n’imagine pas une seconde la garder avec moi à la rentrée et ne lui permettre de voir d’autres enfants que sur des temps courts, pour des activités, des sorties etc … Comme je suis une passionnée et que j’ai eu la chance d’avoir un parcours scolaire atypique, je vais encore une fois faire un ni/ni , ni trop, ni trop peu. A la rentrée, le projet est donc de ne la scolariser que le matin et de lui permettre l’après-midi d’apprendre comme elle en a envie et comme j’imagine les apprentissages. J’ai fait un facebook live sur les jeux éducatif il y a peu sur mon groupe Espace de jeux et j’y ai expliqué que notre rôle de parent c’est pas d’apprendre à notre enfant ce qu’il est censé apprendre à l’école. Si l’enfant n’est pas spécialement en retard, il n’y a aucun intérêt à risquer de tomber dans de la sur stimulation en continuant à travailler à la maison ce qu’il est censé voir à l’école. Nous ne sommes pas des enseignants, nous sommes des parents. A la maison on peut accompagner son enfant pour qu’il apprenne autrement soit pour combler un manque soit pour répondre à une demande de l’enfant mais l’idée c’est justement de lui apporter autre chose, quelque chose qu’il ne trouvera pas à l’école. L’idée du unschooling me plaît pour ces temps là, je compte donc piocher dans ce que je sais déjà, ce qui attise ma curiosité et ce qui pourra m’intéresser plus tard et puis surtout avoir confiance : en moi, en mon conjoint et en ma fille. 

Ma fille, je m’engage à continuer à te laisser être toi même, a t’accompagner dans les chemins que tu choisiras. Bon, on t’apportera quand même notre expérience et on plantera des graines mais ce sera à toi de les faire germer, pas à nous. Nous on sera toujours là pour toi et je sais que je peux parler au nom de ton père sur ce point 🙂 

Pour finir, j’aimerai vous partager un poème de Louis Malaguzzi , un des piliers de la « pédagogie » Reggio pour qui l’enfant a cent langages. Je l’ai trouvé sur le blog apprendre-reviser-memoriser.fr : A la découverte de la pédagogie Reggio : une approche globale de l’enfant pour cultiver la créativité et la pensée divergente. 

L’enfant est fait de cent.
L’enfant a cent langages
cent mains et cent pensées
cent façons de penser
de jouer, de parler,
cent toujours cent
cent façons d’écouter
d’étonner et d’aimer
cent joies pour
chanter et comprendre
cent mondes à découvrir
cent mondes à inventer
cent mondes à rêver.

L’enfant a cent langages
(et puis cent cent cent cent)
mais on lui en vole 99.

Ecole et culture
séparent tête et corps.
On lui dit de :
penser sans les mains
faire sans la tête
écouter sans parler
comprendre sans joie
aimer et s’étonner
à Pâques et Noël uniquement.
On lui dit de :
découvrir le monde
qui existe déjà
et sur cent
on lui en vole 99.
On lui dit que :
le jeu et le travail
la réalité et la fantaisie
la science et l’imagination
le ciel et la terre
la raison et le rêve
sont des choses qui
ne vont pas ensemble.

En somme, lui dit-on,
le cent n’existe pas.
L’enfant dit cependant :
le cent est bel et bien.

Source : REGGIO EMILIA 40 ans de pédagogie alternative

 

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